Micro-entreprise, EURL ou SASU : quel statut choisir pour se lancer ?
Par la rédaction · publié le 28 octobre 2026

Réponse courte
Pour un statut freelance qui démarre, la micro-entreprise reste la plus simple : cotisations de 25,6 % du chiffre d'affaires en libéral, comptabilité allégée. Entre EURL et SASU, la différence tient surtout au régime social du dirigeant : travailleur non salarié en EURL, assimilé salarié en SASU. Ton chiffre d'affaires, tes frais et ta protection décident.
Prends l'exemple d'une développeuse salariée qui veut facturer ses premières missions en freelance. Trois questions reviennent : faut-il créer une société tout de suite, quelle différence entre une EURL et une SASU, et la micro-entreprise suffit-elle ? Les réponses dépendent moins du métier que de trois chiffres : le chiffre d'affaires attendu, les frais réels et le niveau de protection souhaité.
Quel statut freelance choisir pour démarrer ?
La micro-entreprise est le statut freelance le plus simple pour démarrer : déclaration gratuite sur le guichet unique, cotisations calculées en pourcentage du chiffre d'affaires encaissé et comptabilité allégée. Une activité libérale non réglementée cotise 25,6 %, une prestation de services commerciale ou artisanale 21,2 % (service-public.fr). Sans chiffre d'affaires, aucune cotisation n'est due, ce qui limite le risque d'un test.
Le régime a deux limites. Les plafonds d'abord : 83 600 € de chiffre d'affaires pour les services et 203 100 € pour la vente, de 2026 à 2028 (service-public.fr). Les frais ensuite : tu ne déduis pas tes dépenses réelles, un abattement forfaitaire les remplace pour l'impôt.
| Critère | Micro-entreprise | EURL | SASU |
|---|---|---|---|
| Forme | Entreprise individuelle, régime simplifié | Société à associé unique | Société par actions simplifiée unipersonnelle |
| Régime social du dirigeant | Travailleur indépendant | Gérant travailleur non salarié | Président assimilé salarié |
| Cotisations | Pourcentage du chiffre d'affaires | Sur la rémunération du gérant | Sur le salaire versé |
| Assurance chômage du dirigeant | Non | Non | Non |
| Formalités | Déclaration en ligne gratuite | Statuts, comptes annuels | Statuts, comptes annuels |
| Capital | Aucun | Libre | Libre, à partir de 1 € |
EURL vs SASU : quelles différences pour le dirigeant ?
La différence entre SASU et EURL tient d'abord au régime social. Le gérant associé unique d'EURL est travailleur non salarié, affilié à la sécurité sociale des indépendants ; le président de SASU rémunéré est assimilé salarié et relève du régime général (service-public.fr). À rémunération égale, les cotisations du président de SASU sont plus élevées, mais sa couverture se rapproche de celle d'un salarié, sans assurance chômage.
Dans les deux sociétés, ton patrimoine personnel est distinct de celui de la société, et le capital est libre. Les formalités sont plus lourdes qu'en micro-entreprise : rédaction des statuts, publication d'une annonce légale, comptabilité complète et dépôt des comptes chaque année. Un expert-comptable devient souvent indispensable, ce qui représente un coût fixe à prévoir dans ton budget.
Quelle différence entre SASU et EURL pour l'impôt et les dividendes ?
Sur le plan fiscal, l'EURL et la SASU peuvent toutes deux relever de l'impôt sur les sociétés. La société soumise à cet impôt paie 15 % sur ses bénéfices jusqu'à 42 500 €, puis 25 % au-delà, sous conditions (service-public.fr). Les dividendes versés ensuite à l'associé supportent un prélèvement forfaitaire de 31,4 % au total (impots.gouv.fr).
Cette mécanique explique pourquoi la SASU est souvent associée à un mélange de salaire et de dividendes. Le traitement social des dividendes n'est pas le même dans les deux formes de société : vérifie ce point avec ton expert-comptable avant de comparer, car il change le calcul.
Quand la micro-entreprise ne suffit-elle plus ?
La micro-entreprise atteint ses limites quand ton chiffre d'affaires dépasse les plafonds deux années de suite, quand tes frais réels dépassent nettement l'abattement forfaitaire, ou quand tu veux t'associer. Un dépassement sur une seule année ne fait pas sortir du régime : la sortie intervient après deux années consécutives de dépassement (service-public.fr).
Depuis 2022, le patrimoine personnel et le patrimoine professionnel de l'entrepreneur individuel sont séparés automatiquement, sauf manquement à tes obligations fiscales ou sociales (service-public.fr). La protection de tes biens n'est donc plus, à elle seule, une raison de créer une société.
Comment comparer les statuts sans se tromper ?
Une comparaison honnête part de ton chiffre d'affaires prévu, de tes frais, de la rémunération dont tu as besoin et de ta situation actuelle : salarié, demandeur d'emploi ou déjà indépendant. Avec ces quatre données, un expert-comptable ou un réseau d'accompagnement peut simuler chaque statut. Fais valider ta situation par un expert-comptable, une CCI, une CMA ou un réseau d'accompagnement avant de déposer ta déclaration.
- Si tu testes une activité avec peu de frais, compare d'abord la micro-entreprise aux autres statuts.
- Si tes frais sont élevés, compare le régime réel de l'entreprise individuelle et la société.
- Si tu touches l'ARE, lis aussi l'article peut-on toucher le chômage en se mettant à son compte.
- Si tu hésites avec le salariat, regarde le portage dans le guide pour choisir son statut.
Questions fréquentes
Quel est le meilleur statut freelance ?
Aucun statut n'est meilleur dans l'absolu. La micro-entreprise convient souvent pour démarrer avec peu de frais ; une société devient plus pertinente avec des frais élevés ou des associés. Fais valider ta situation par un professionnel.
EURL ou SASU : laquelle protège le mieux le dirigeant ?
Le président de SASU relève du régime général, avec une couverture proche de celle d'un salarié mais sans assurance chômage ; le gérant d'EURL relève de la sécurité sociale des indépendants.
Peut-on passer de la micro-entreprise à une société ?
Oui, en créant une société et en cessant la micro-entreprise, ou en apportant ton activité. Les conséquences fiscales se préparent avec un expert-comptable.
Faut-il un capital pour créer une SASU ?
Non : le capital est libre, avec un minimum de 1 € (service-public.fr).
La micro-entreprise permet-elle d'avoir le chômage ?
Le micro-entrepreneur ne cotise pas à l'assurance chômage. En cas de cessation subie, l'allocation des travailleurs indépendants peut s'appliquer sous conditions : voir le guide de la protection sociale.
Montants cités et leur source
- Taux de cotisations du micro-entrepreneur, activité libérale non réglementée (BNC, Sécurité sociale des indépendants) : 25,6 % (depuis le 1er janvier 2026). Micro-entrepreneur : calcul et paiement des cotisations et contributions sociales (entreprendre.service-public.gouv.fr), vérifié le 28 octobre 2026
- Taux global de cotisations sociales micro-entrepreneur - prestations de services commerciales ou artisanales (BIC) : 21,2 %. Micro-entrepreneur : calcul et paiement des cotisations et contributions sociales (entreprendre.service-public.gouv.fr), vérifié le 28 octobre 2026
- Seuil de chiffre d'affaires HT du régime micro - prestations de services (BIC) et activités libérales (BNC) : 83 600 € (depuis le 1er janvier 2026). Micro-entreprise : les nouveaux seuils de chiffre d'affaires pour 2026 (entreprendre.service-public.gouv.fr), vérifié le 28 octobre 2026
- Seuil de chiffre d'affaires HT du régime micro - vente de marchandises et fourniture de logement : 203 100 € (depuis le 1er janvier 2026). Micro-entreprise : les nouveaux seuils de chiffre d'affaires pour 2026 (entreprendre.service-public.gouv.fr), vérifié le 28 octobre 2026
- Impôt sur les sociétés : taux réduit PME : 15 %. Impôt sur les sociétés (IS) : taux, déclaration, paiement (Entreprendre Service Public), vérifié le 28 octobre 2026
- Impôt sur les sociétés : plafond de bénéfice imposé au taux réduit de 15 % : 42 500 €. Impôt sur les sociétés (IS) : taux, déclaration, paiement (Entreprendre Service Public), vérifié le 28 octobre 2026
- Impôt sur les sociétés : taux normal : 25 %. Impôt sur les sociétés (IS) : taux, déclaration, paiement (Entreprendre Service Public), vérifié le 28 octobre 2026
- Prélèvement forfaitaire unique (flat tax) sur les revenus de capitaux mobiliers dont dividendes : taux global 2026 : 31,4 % (depuis le 1er janvier 2026). J'ai des valeurs mobilières, comment sont-elles imposées ? (impots.gouv.fr), vérifié le 28 octobre 2026
Sources officielles citées
- Entreprendre.service-public.fr : service-public.fr
- Entreprendre.service-public.fr : service-public.fr
- Entreprendre.service-public.fr : service-public.fr
- Entreprendre.service-public.fr : service-public.fr
- impots.gouv.fr : impots.gouv.fr
- Entreprendre.service-public.fr : service-public.fr
- Entreprendre.service-public.fr : service-public.fr
Les informations de cet article ne remplacent pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé : fais valider ta situation par un expert-comptable, une CCI, une CMA ou un réseau d'accompagnement. Une erreur ? Signale-la.


